Journées des plantes de chantilly

Horloge 14, 15 et 16 mai 2027
10h à 19h
LocalisationParc du Château de Chantilly

C’est en plein hiver que Jérôme Chéné a fait ses premiers pas dans le monde féérique des roses, en visitant les serres angevines de M. et Mme Loubert, où règnent quelque 3000 rosiers anciens et botaniques. Ebloui par cette expérience irréelle, voilà quatre ans qu’il s’occupe de la pépinière adossée à leur roseraie. Sur ses trois hectares de musée à ciel ouvert, poussent, en toute liberté, 400 variétés botaniques, classées Collection Nationale. Un terrain d’apprentissage infini pour Jérôme Chéné, séduit par les pieds polychromes des mutabilis, les épines rouge sang des pteracanta ou les étonnantes fructifications automnales des davidii ‘Fenja’… Pas un jour sans qu’il ne découvre un hybride rare ou qu’il ne remonte le temps, au royaume des rosiers anciens, peuplé de têtes couronnées et de personnalités historiques. Pour vous initier aussi à cet univers magique, en mai et juin, les Loubert proposent de passionnantes visites guidées de leur domaine.

Créées en 1962 par les parents de Claire Le Meur, ces pépinières d’emblée orientées versla production de plantes de terre de bruyère — magnolias, rhododendrons, camélias (plus de 100 variétés de cette mythique rose d’Extrême-Orient), azalées… — ont aujourd’hui une démarche originale qui s’appuie sur l’amour de la plante, qu’elle soit de collection ou toute simple. Le visiteur y découvre en effet les végétaux « mis en scène » en se promenant dans un décor alliant vieilles pierres et chemins creux, à l’image du cadre des anciennes fermes bretonnes. Mieux, le jardinier amateur ou professionnel y bénéficie de conseils personnalisés et circonstanciés : à tel propriétaire de jardin en bord de mer, on demandera des nouvelles de ses hydrangéas tout en lui déconseillant avec courtoisie mais fermeté l’acquisition de trop délicats érables du Japon, dont la maison présente pourtant de rares variétés… Car, chez les Le Meur, on est soucieux avant tout de la réussite de nos plantations et de créer des jardins harmonieux.

Donner vie au jardin avec une panoplie d’accessoires originaux à la fibre écolo, c’est l’objectif de Pierre-Antoine Giraud. Après les girouettes, les mobiles à la Tinguely qui chantent dans le vent ou des bestiaires stylisés, le plaisir d’inventer a poussé ce créateur vers le champ des innovations bio telles que le tapis repoussoir naturel de limaces et d’escargots, des lombricomposteurs ou des nichoirs pour animaux utiles en voie de disparition, de la chauve-souris aux grenouilles en passant par les coccinelles. Au rayon des outils, il a modernisé l’ergonomie d’anciennes pelles ou bêches et détourné d’antiques ciseaux à tondre les moutons en taille-buis. Pour répondre aux besoins des jardins urbains ou de la culture en terrasse, il propose des supports pour potagers verticaux ou plantes volubiles. Dernière nouveauté : une gamme de peinture 100% naturelle fabriquée en Allemagne et déclinant l’arc-en-ciel depuis les ocres du Lubéron jusqu’aux pigments aigue-marine venus d’Espagne. Pour embellir d’éclats ensoleillés murs intérieurs ou extérieurs, sans aucune émanation nocive.

Ici, l’ambiance est proustienne. Jardin d’Antan est un spécialiste de l’antiquité de jardin qui s’est diversifié en faisant rééditer des meubles Arras, fabrique active dans les années 1900, qui avait disparu en 1930. Bancs, fauteuils, tables de jardin, serre de style 1900, volière, « gloriettes » sont en fer forgé, et arborent ce côté nostalgique et désuet qu’on se plaît à imaginer au jardin de Combray. On n’est pas loin d’entendre le «double tintement timide, ovale et doré de la clochette pour les étrangers»… Allées de châteaux ou jardins de plus modestes dimensions y trouveront forcément leur bonheur.

« Il fut pour moi l’un des plus grands pépiniéristes que j’ai eu la chance de rencontrer » : ainsi s’exprimait, à propos de Jean-Pierre Hennebelle, la princesse Greta Sturdza, créatrice du Vastérival et vice-présidente de la Royal Horticultural Society ainsi que de l’Association des Parcs Botaniques de France. C’est en effet au début des années 1960 que Jean-Pierre Hennebelle a créé une pépinière rare en son genre, en perpétuel changement, à l’image d’un jardin où s’entremêlent diversité et poésie. Père d’un grand nombre de plantes illustres, il a ainsi donné naissance au Malus ‘Comtesse de Paris’ en hommage à ses nombreuses visites, ou encore la célébrissime Pulmonaria angustifolia ‘Majesté’. La pépinière, maintenant aux soins de ses fils Nicolas et Jean-Loup Hennebelle, affiche des milliers de variétés mises en scène sur les trois kilomètres d’allées d’un jardin exubérant, riche et coloré, suivant les thèmes des saisons, des arbustes à parfum, des feuillages colorés…

«Mes clients sont contents, ils reviennent, alors je suis content !» Cette petite phrase anodine en apparence, résume la philosophie de Paul Geens : aimer son travail et aimer satisfaire ses acheteurs. Dans les années 90, il reprend la pépinière ouverte par son père une quarantaine d’années auparavant. Les agapanthes – «fleurs d’amour» littéralement en grec – font bonne figure au milieu des allium, des fritillaria et des pivoines dont il s’est fait une spécialité. L’agapanthe, toujours séduisante avec sa hampe florale jaillissant d’une touffe de feuilles, est aujourd’hui très à la mode. Mais Paul Geens a été un des premiers à en produire et la qualité, chez lui, est toujours au rendez-vous. C’est à dire qu’elles fleurissent dès la première année et qu’elles sont «pour la vie», précise-t-il, «comme celle qu’un mari offre à sa femme, en Afrique, le jour de son mariage». C’est d’ailleurs grâce à la qualité de ses plantes et ses bulbes que notre pépiniériste a acquis sa notoriété. Parmi ces derniers, des classiques – perce-neige, crocus, tulipes, jacinthes. Ne font-ils pas le bonheur de tous quand on les voit pointer après leur long sommeil hivernal dans les pelouses ou les sous-bois, en embaumant l’air !

On connaissait cette pépinière sous le nom de Hostas & Zo. Dirk Scheys en était le responsable. Elle était implantée en Belgique. En 2012, elle déménage dans le nord de la France et est rebaptisée Pépinière des Deux Caps. Dirk, passionné de botanique depuis son plus jeune âge, franchit un nouveau cap. Après l’achat d’une partie de la fameuse collection d’Ignace van Doorslaer, il a créé sa propre pépinière en hostas et heuchères. C’était en 2001. Voilà qu’il vient de l’enrichir de la collection d’agapanthes du même Ignace. Trois plantes d’ombre, mi-ombre et plein soleil, qui s’associent à merveille au jardin. Les premières avec leur feuillage décoratif en font un bon couvre sol. Les secondes apportent une infinie palette de couleurs du printemps à l’hiver. Les hybrides et les qualités de ses obtentions, comme Heuchera ‘Blackout’, Heuchera ‘Binoche’ et Heuchera ‘Birkin’ sont reconnus aujourd’hui jusqu’en Amérique. Quant aux troisièmes, avec leurs grandes fleurs qui s’épanouissent au bout d’une longue tige et dont on ne cesse de créer de nouvelles variétés, elles séduisent de plus en plus.

Depuis plus de quarante ans, les pépinières Demoinet produisent, non loin de Compiègne, des plantes vivaces appréciées tant des professionnels de la région que des amateurs avertis. Généraliste revendiqué, fidèle à un travail toujours artisanal et loin de la course à la nouveauté, Éric et Cécile Demoinet cultivent les grands classiques : 1200 à 1500 variétés dont une cinquantaine d’asters, 70 géraniums et 180 hostas, ainsi qu’une belle gamme de plantes d’ombre. Toutes sont des valeurs sûres, des plantes éprouvées qui ne déçoivent jamais.

Voilà un drôle de fidèle des Journées des Plantes, tout en paradoxes et en clins d’oeil : amoureux de l’Italie, Olive Delanoy s’avoue bien plus touché par le charme des dames romaines que par celui des jardins de Boboli ou des cyprès de la villa d’Este ; horticulteur, il rêve de lointains voyages ; jardinier, il se passionne pour la décoration intérieure et les magazines de la maison ; Parisien émigré à la campagne, il est cependant resté voisin de la capitale «parce que c’est une ville si belle»… On l’aura compris : Olive Delanoy est par-dessus tout un esthète, toujours à la recherche du beau qui est pour lui l’essentiel. Telle est sa singularité. Ainsi, au printemps, il ne vous proposera pas deux ou trois géraniums plus ou moins vermillon, l’ordinaire de nos balcons — non, mais des dizaines de variétés de pélargoniums multicolores et odoriférants, et des plantes parfaitement inattendues pour surprendre nos jardinières. L’automne et l’hiver sont la saison des végétaux séchés, des gousses et des graines baroques, à peu près jamais vues sous nos latitudes. En bref, tout ce qui sort de l’habituel, du déjà vu et du rebattu, tout ce qui fait l’air du temps s’est, dirait-on, donné rendez-vous chez Olive Delanoy !

Pommes, poires, pêches, nèfles, coings, abricots, cerises, prunes… les pépinières du Clos Normand ressemblent davantage à un grand verger où toutes les gourmandises sont autorisées. Rares sont ceux qui se spécialisent dans ce type de production. Mais, pour cette entreprise familiale lancée par M. et Mme Guérault en 1990 et reprise par leur fille et son mari, Isabelle et Thierry Garnier, pas question de laisser tomber ce qui est devenue une vraie passion. D’année en année, la pépinière s’embellit. Et s’adapte aux petits jardins de sa nouvelle clientèle en proposant des fruitiers formés : palmettes verriers 4 branches (ou espaliers), 1/2 tiges et basses tiges (ou fuseaux). La famille, qui à l’origine vendait sur les marchés, a acquis une solide réputation par la qualité des arbres fruitiers et une large gamme variétale récente et ancienne, comme la pêche blanche «Grosse Mignonne», remise au goût du jour.

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