C’est en plein hiver que Jérôme Chéné a fait ses premiers pas dans le monde féérique des roses, en visitant les serres angevines de M. et Mme Loubert, où règnent quelque 3000 rosiers anciens et botaniques. Ebloui par cette expérience irréelle, voilà quatre ans qu’il s’occupe de la pépinière adossée à leur roseraie. Sur ses trois hectares de musée à ciel ouvert, poussent, en toute liberté, 400 variétés botaniques, classées Collection Nationale. Un terrain d’apprentissage infini pour Jérôme Chéné, séduit par les pieds polychromes des mutabilis, les épines rouge sang des pteracanta ou les étonnantes fructifications automnales des davidii ‘Fenja’… Pas un jour sans qu’il ne découvre un hybride rare ou qu’il ne remonte le temps, au royaume des rosiers anciens, peuplé de têtes couronnées et de personnalités historiques. Pour vous initier aussi à cet univers magique, en mai et juin, les Loubert proposent de passionnantes visites guidées de leur domaine.
Dans la famille Leroi, «la rose» est une passion qui se perpétue depuis trois générations, tant du côté paternel que maternel. A la tête de la pépinière aujourd’hui, Stéphane, qui a repris le flambeau en 1988, et est un des gros producteurs de la région. Sa particularité ? produire des rosiers de la racine nue jusqu’au rosier fleuri, sans intermédiaire. Sur ses 10 hectares, il cultive 250 000 rosiers, environ 600 variétés. Il y a celles qu’il édite lui même, avec les rosiers de la Star de Doué® (17 variétés). Mais encore les rosiers modernes d’obtention Meilland, Nirp, Edirose, Sunflor, Poulsen et d’autres… A Doué, berceau historique de la rose, on produit cette «reine des fleurs», on la multiplie, on l’édite. Mais on va plus loin. Depuis 2012, une plateforme régionale d’innovation s’est mise en place, associée à une équipe de chercheurs angevins d’un niveau sans égal en Europe. Objectifs ? innover et moderniser la filière. Et créer de nouvelles variétés qui résisteront de mieux en mieux aux maladies.
Créées en 1962 par les parents de Claire Le Meur, ces pépinières d’emblée orientées versla production de plantes de terre de bruyère — magnolias, rhododendrons, camélias (plus de 100 variétés de cette mythique rose d’Extrême-Orient), azalées… — ont aujourd’hui une démarche originale qui s’appuie sur l’amour de la plante, qu’elle soit de collection ou toute simple. Le visiteur y découvre en effet les végétaux « mis en scène » en se promenant dans un décor alliant vieilles pierres et chemins creux, à l’image du cadre des anciennes fermes bretonnes. Mieux, le jardinier amateur ou professionnel y bénéficie de conseils personnalisés et circonstanciés : à tel propriétaire de jardin en bord de mer, on demandera des nouvelles de ses hydrangéas tout en lui déconseillant avec courtoisie mais fermeté l’acquisition de trop délicats érables du Japon, dont la maison présente pourtant de rares variétés… Car, chez les Le Meur, on est soucieux avant tout de la réussite de nos plantations et de créer des jardins harmonieux.
Quand la passion du jardin se met au service d’une action médico-sociale ! L’association Jardins & Santé dédie son action aux personnes atteintes d’affections cérébrales et s’est donné pour mission de doter des bourses de recherche clinique et de création de jardins à but thérapeutique en hôpital et instituts médico-sociaux. Les fonds proviennent des dons et des ouvertures de jardins que les propriétaires acceptent de faire visiter le jour qu’ils ont choisi. Vous êtes sensibles à cette action qui touche des milliers de familles, vous aimez les jardins, vous aimez découvrir des sites inconnus ? Ouvrez donc votre jardin ou allez visiter les jardins ouverts pour Jardins & Santé. Les ouvertures de jardins s’échelonneront du printemps à l’automne. Allez les découvrir sur le site www.jardins-sante.org.
Donner vie au jardin avec une panoplie d’accessoires originaux à la fibre écolo, c’est l’objectif de Pierre-Antoine Giraud. Après les girouettes, les mobiles à la Tinguely qui chantent dans le vent ou des bestiaires stylisés, le plaisir d’inventer a poussé ce créateur vers le champ des innovations bio telles que le tapis repoussoir naturel de limaces et d’escargots, des lombricomposteurs ou des nichoirs pour animaux utiles en voie de disparition, de la chauve-souris aux grenouilles en passant par les coccinelles. Au rayon des outils, il a modernisé l’ergonomie d’anciennes pelles ou bêches et détourné d’antiques ciseaux à tondre les moutons en taille-buis. Pour répondre aux besoins des jardins urbains ou de la culture en terrasse, il propose des supports pour potagers verticaux ou plantes volubiles. Dernière nouveauté : une gamme de peinture 100% naturelle fabriquée en Allemagne et déclinant l’arc-en-ciel depuis les ocres du Lubéron jusqu’aux pigments aigue-marine venus d’Espagne. Pour embellir d’éclats ensoleillés murs intérieurs ou extérieurs, sans aucune émanation nocive.
Ici, l’ambiance est proustienne. Jardin d’Antan est un spécialiste de l’antiquité de jardin qui s’est diversifié en faisant rééditer des meubles Arras, fabrique active dans les années 1900, qui avait disparu en 1930. Bancs, fauteuils, tables de jardin, serre de style 1900, volière, « gloriettes » sont en fer forgé, et arborent ce côté nostalgique et désuet qu’on se plaît à imaginer au jardin de Combray. On n’est pas loin d’entendre le «double tintement timide, ovale et doré de la clochette pour les étrangers»… Allées de châteaux ou jardins de plus modestes dimensions y trouveront forcément leur bonheur.
«Mes clients sont contents, ils reviennent, alors je suis content !» Cette petite phrase anodine en apparence, résume la philosophie de Paul Geens : aimer son travail et aimer satisfaire ses acheteurs. Dans les années 90, il reprend la pépinière ouverte par son père une quarantaine d’années auparavant. Les agapanthes – «fleurs d’amour» littéralement en grec – font bonne figure au milieu des allium, des fritillaria et des pivoines dont il s’est fait une spécialité. L’agapanthe, toujours séduisante avec sa hampe florale jaillissant d’une touffe de feuilles, est aujourd’hui très à la mode. Mais Paul Geens a été un des premiers à en produire et la qualité, chez lui, est toujours au rendez-vous. C’est à dire qu’elles fleurissent dès la première année et qu’elles sont «pour la vie», précise-t-il, «comme celle qu’un mari offre à sa femme, en Afrique, le jour de son mariage». C’est d’ailleurs grâce à la qualité de ses plantes et ses bulbes que notre pépiniériste a acquis sa notoriété. Parmi ces derniers, des classiques – perce-neige, crocus, tulipes, jacinthes. Ne font-ils pas le bonheur de tous quand on les voit pointer après leur long sommeil hivernal dans les pelouses ou les sous-bois, en embaumant l’air !
On connaissait cette pépinière sous le nom de Hostas & Zo. Dirk Scheys en était le responsable. Elle était implantée en Belgique. En 2012, elle déménage dans le nord de la France et est rebaptisée Pépinière des Deux Caps. Dirk, passionné de botanique depuis son plus jeune âge, franchit un nouveau cap. Après l’achat d’une partie de la fameuse collection d’Ignace van Doorslaer, il a créé sa propre pépinière en hostas et heuchères. C’était en 2001. Voilà qu’il vient de l’enrichir de la collection d’agapanthes du même Ignace. Trois plantes d’ombre, mi-ombre et plein soleil, qui s’associent à merveille au jardin. Les premières avec leur feuillage décoratif en font un bon couvre sol. Les secondes apportent une infinie palette de couleurs du printemps à l’hiver. Les hybrides et les qualités de ses obtentions, comme Heuchera ‘Blackout’, Heuchera ‘Binoche’ et Heuchera ‘Birkin’ sont reconnus aujourd’hui jusqu’en Amérique. Quant aux troisièmes, avec leurs grandes fleurs qui s’épanouissent au bout d’une longue tige et dont on ne cesse de créer de nouvelles variétés, elles séduisent de plus en plus.
Voici plus de vingt-cinq ans que les pépinières Demoinet produisent, non loin de Compiègne, des plantes vivaces appréciées des professionnels de la région comme des amateurs avertis. Loin du goût de la performance pour la performance et de la recherche de la nouveauté à tout prix, Éric Demoinet aime à cultiver les grands classiques (1200 à 1500 variétés tout de même, dont quelque 50 asters et 70 géraniums) et les valeurs sûres, des plantes testées et « qui marchent bien ». Se définissant comme un « petit généraliste », travaillant dans un cadre toujours artisanal, il offre cependant en particulier une gamme de plantes d’ombre. À Chantilly, les Demoinet apportent toujours une grande variété de plantes fleuries, parmi lesquelles leurs favorites restent Ligularia stenocephala ‘The Rocket’ et Aster amellus ‘Breslau’.
Fuchsias… vous avez dit fuchsias ? À l’extérieur, à l’intérieur, à l’ombre ou au soleil ; pour un rebord de fenêtre, une pergola à couvrir, pour corbeille, en buisson ou sur tige : il y en a pour chaque situation ! Bon, mais alors unicolore, bicolore ou tricolore ? Peu importe, choisissez parmi la collection très haute en couleur de Marcel Delhommeau. Il est toujours à la recherche des fuchsias extraordinaires qu’il serait possible d’obtenir par croisements entre divers hybrides. Longtemps délaissés dans les compositions extérieures, les fuchsias se sont repliés dans les jardins d’hiver. Mais depuis les années 70-80 ils se risquent à nouveau dehors. La floraison très longue et l’originalité de la fleurtant par sa forme que par ses couleurs «shocking» en font maintenant une plante utilisée partout. Alors attention à bien noter le nom des variétés, il n’y en a pas deux pareilles parmi les 600 présentées chez lui. A noter depuis 2011 : le nouveau site internet en ligne avec plus de 600 photos et de très nombreux conseils, complété par la collection de Pelargonium, de plantes à parfums et une sélection de plantes curieuses.